18 Mart 2016 Cuma

LA MORT, LA RÉSURRECTION ET L'ENFER



LA MORT

Introduction

Dis: "La mort que vous fuyez va certes vous rencontrer. Ensuite vous serez ramenés à Celui Qui connaît parfaite ment le monde invisible et le monde visible et qui vous informea alors de ce que vous faisiez." (Sourate al-Jumua: 8)
La mort peut vous attraper à n'importe quel moment. Qui sait, peut-être à ce même instant. En fait, elle est plus proche que vous n'avez jamais imaginé.
Ces lignes peuvent être la dernière occasion, le dernier rappel, l'avertissement ultime avant que la mort ne vienne vous prendre. À fur et à mesure que vous avancez dans la lecture de ces lignes, vous ne savez pas même si vous serez encore en vie dans une heure. Même si vous le saviez, rien ne vous garantit que l'heure d'après ne sera pas la vôtre. 
Si l'on vous laisse seul une heure, ou rien qu'un petit instant, est-on certain que vous serez encore vivant à notre retour? Rien ne garantit que vous finirez la lecture de ce livre. La mort, très probablement, vous frappera à un moment où vous ne l'attendez pas du tout, où juste avant vous n'aviez jamais songé à mourir.
Une chose est certaine: vous allez mourir, comme tous ceux que vous avez aimés. Avant ou après vous peut-être, mais ils partiront sans aucun doute. Un siècle plus tard, il n'y aura plus sur terre une personne avec qui vous étiez familier.
Une infinité de buts relatifs à la vie préoccupe l'être humain: finir les études secondaires, entrer en université, avoir un diplôme, avoir une profession respectable, se marier, avoir des enfants, avoir  une vie paisible… Ce sont là les ambitions les plus communes et les plus ordinaires de l'homme quel qu'il soit. Il y a par ailleurs des milliers d'autres plans qui répondent aux situations personnelles de chacun.
La mort est l'une des rares choses dans la vie dont l'avènement est certain. Elle est certaine à cent pour cent.
Après des années de dur labeur, un étudiant réussit à entrer à l'université mais trouve la mort en allant à son premier cours. Une personne qui vient d'être embauchée pour un emploi, perd la vie juste au matin de son premier jour de travail. Un accident de la circulation provoque le décès d'un couple le jour même de leur mariage. Un brillant homme d'affaires préfère prendre l'avion pour gagner du temps, ne sachant pas que le vol tant convoité précipitera une fin horrible à sa vie.
À ce stade, les plans ne sont plus valables. Laissant de côté les plans destinés à rester en suspens pour l'éternité, ils ont mis le cap sur une destination d'où l'on ne revient jamais, bien qu'ils n'aient jamais tenu compte de cette destination dans leurs plans. Ironiquement, et pour des années ces personnes ont passé un temps considérable élaborant en détail des plans qui n'aboutiront jamais, alors que jamais, elles n'avaient pensé, rien qu'un instant, à la seule chose certaine qui devait leur arriver.
Comment donc un homme doué de raison et de sagesse doit-il établir ses priorités? Doit-il faire des plans pour la seule chose certaine dans sa vie ou pour des choses incertaines? La majorité des hommes, de toute évidence, donnent la priorité aux objectifs qu'ils ne sont jamais certains de réaliser. Quel que soit le stade de la vie, la personne préfère de loin faire des plans pour un avenir plus radieux et rassurant.
Cette attitude aurait été normale si l'homme était immortel. Mais, le fait est que tous les plans sont condamnés à avoir cette fin inéluctable, appelée la mort. Ainsi, il est irrationnel d'ignorer la mort, dont l'avènement est certain, et d'accorder toute son attention à ces choses qui peuvent se concrétiser ou non.
Toutefois, sous l'emprise d'un enchantement qui enchaîne leurs esprits, les êtres humains n'arrivent pas à avoir présent à l'esprit ce fait, pourtant si évident.
La réalité étant ainsi, les hommes ne peuvent jamais connaître leur vraie vie qui commence avec la mort. Pour cette raison, ils ne se préparent pas à la vivre. Et une fois ressuscités, ils ne peuvent aller nulle part, si ce n'est en enfer, un lieu spécialement préparé pour eux. Le but que nous visons est de pousser l'être humain à réfléchir sur une fin qu'il essaye d'ignorer, et de l'avertir d'un événement imminent et inéluctable… Éviter de réfléchir à la mort ne peut, en aucun moyen, fournir une solution au problème qu'elle pose.

Superstitions Et Faits

Tout au long de l'histoire, l'homme a fait face, avec succès, à différents défis qui semblaient compliqués et intraitables. Toutefois, il n'a jamais pu échapper à la mort. Toute personne vivante sur terre est destinée à mourir, même si elle ne sait quand. L'homme vit seulement pour une période bien déterminée puis meurt. Les uns meurent jeunes, alors qu'ils ne sont encore que des bébés, d'autres passent par tous les stades de la vie et rencontrent la mort au cours de leurs vieux jours. Rien de ce que l'homme possède, ni propriété, ni richesse, ni statut social, ni célébrité, ni grandeur, ni confiance, ni beauté ne peut repousser la mort. Tous sans exception, sont sans défense face à la mort, et ils le seront toujours. 
La plupart des gens évitent de penser à la mort. Jamais, il ne leur vient pas à l'esprit que cette fin absolue leur arrivera. Ils se réfugient dans les superstitions qui supposent que pour se protéger de la mort, il suffit de ne pas l'évoquer. Dans les conversations quotidiennes, les personnes qui parlent de la mort sont aussitôt interrompues. Si quelqu'un s'engage dans un discours sur la mort, intentionnellement ou non, et évoque un signe de Dieu, pour un petit moment, il écarte le voile de l'insouciance qui couvre les yeux des hommes. Une majorité de personnes qui font de l'insouciance un style de vie, se sentent mal à l'aise face à cette réalité "perturbatrice” qui leur est présentée. Mais, plus ils fuient l'image de la mort, plus ils sont obsédés par le moment de leur mort. Leur attitude je-m'en-foutiste déterminera l'intensité de leur effroi et leur bouleversement au moment où ils feront face à la mort, ainsi qu'au Jour du Jugement Dernier en endurant le tourment éternel.
Le temps travaille contre l'homme. Avez-vous jamais entendu parler d'un homme qui a résisté à la vieillesse ou à la mort? Où avez-vous rencontré quelqu'un qui est immortel? Ceci paraît assez invraisemblable, et pour cause! L'homme n'a aucun pouvoir ni influence sur le vieillissement de son corps ou la durée de sa vie. Le fait qu'il ne décide pas de sa naissance rend les choses claires dès le début, c'est une autre preuve de la désespérance de l'homme face à la mort. Le maître de la vie est Celui Qui l'offre à l'homme. Et quand Il le veut, Il la reprend. Dieu, le Maître de la vie, informe l'homme de cette vérité dans le verset révélé au Prophète:
Et Nous n'avons attribué l'immortalité à nul homme avant toi. Est-ce que si tu meurs, toi, ils seront, eux éternels? (Sourate al-Anbiya: 34)
En ce moment même, il y a des millions de personnes vivant un peu partout dans le monde. De ce simple constat, on peut déduire que depuis l'apparition du premier homme, des millions d'autres personnes ont vécu sur cette terre puis l'ont quittée. Toutes ces personnes sont mortes sans exception. La mort est une fin certaine: pour ceux qui ont vécu avant nous et pour ceux qui sont encore vivants. Personne ne peut y échapper, le Coran nous le dit bien:
Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au Jour de la Résurrection que vous recevrez votre entière rétribution. Quiconque donc est écarté du feu et introduit au paradis, a certes réussi. Et la vie présente n'est qu'un objet de jouissance trompeuse. (Sourate al-Imran: 185)

Présumer que la mort est une coïncidence ou une malchance

La mort ne survient pas par hasard. La mort comme d'ailleurs tous les autres accidents nous arrivent par décret divin. Tout comme la date de naissance des êtres humains est prédéterminée, leur date de mort l'est aussi. Jusqu'à la dernière seconde, l'homme se précipite vers son dernier moment de vie, en laissant derrière lui toutes les heures, toutes les minutes offertes à lui. La mort de tout un chacun, son lieu et sa date et la manière dont elle se passera, sont prédéterminés.
Malgré cela, on croit souvent que la mort est l'aboutissement d'une suite logique d'évènements, mais en fait ses raisons ne sont connues que par Dieu. Chaque jour, des rubriques sur la mort sont publiées par les journaux. Après les avoir lues à soi-même ou aux autres, on entend parfois ces commentaires dénotant une ignorance évidente: "On aurait pu le sauver, si on avait pris les précautions nécessaires” ou "il ne serait mort si telle et telle chose ne s'était pas passée”. Nulle personne ne meurt après ou avant son terme, même pas une minute de plus ou de moins que son temps prédestiné. Cependant, les personnes qui ne jouissent pas de la clairvoyance offerte par la foi, regardent la mort comme une suite de coïncidences. Dans le Coran, Dieu avertit les croyants contre ce raisonnement apparemment rationnel mais déviant qui est particulier aux incroyants:
Ô les croyants! Ne soyez pas comme ces incroyants qui dirent à propos de leurs frères partis en voyage ou pour combattre: "S'ils étaient restés chez nous, ils ne seraient pas morts, et ils n'auraient pas été tués.” Dieu en fit un sujet de regret dans leurs cœurs. C'est Dieu qui donne la vie et la mort. Et Dieu observe bien ce que vous faites. (Sourate al-Imran: 156)
Présumer que la mort est une coïncidence démontre une grande ignorance et beaucoup d'imprudence. Comme l'indique le verset suscité, une telle présomption provoque une grande angoisse spirituelle chez l'homme et fait naître une inquiétude sans rémission. Pour les incroyants ou pour ceux qui n'arrivent pas à croire sereinement au message coranique, perdre un parent ou un être bien aimé devient une cause d'angoisse et de remords. En attribuant la mort à la malchance ou à la négligence, les gens pensent qu'il y avait une marge de manœuvre possible pour eux, pour éviter la mort. C'est leur raisonnement rationnel qui ajoute aux griefs et aux regrets de ces personnes. Ces griefs ne sont en fait rien d'autre que les tourments de l'absence de foi.
Toutefois, contrairement aux idées reçues, la cause de la mort n'est ni un accident ni une épidémie ni une quelconque autre raison. Car Dieu crée toutes ces causes. Une fois que la durée de vie qui nous est impartie se termine, notre vie prend fin pour ces causes apparentes. Et pendant tout ce temps, aucun moyen matériel utilisé pour lutter contre la mort n'a pu prolonger le souffle de vie. Dieu nous rappelle cette loi divine dans ce verset:
Personne ne peut mourir que par la permission de Dieu, et au moment prédéterminé… (Sourate al-Imran: 145)
Le croyant est conscient de la nature temporaire de la vie sur cette terre. Il sait que notre Seigneur, qui lui a offert tous les bienfaits dont il jouit sur terre, reprendra cette vie quand Il le voudra et lui demandera compte de ses actes. Comme le croyant a passé sa vie entière à gagner la satisfaction de Dieu, il ne s'inquiète pas de son devenir après la mort. Notre Prophète Mohammed (que  la paix et la bénédiction soient sur lui) évoque ce trait de caractère qui distingue le croyant dans l'une de ses prières:
Jabir Ibn Abdullah rapporte: Le Messager de Dieu nous initia à l'accomplissement de la prière, il dit: "Dieu est le plus Grand” puis il continua: "En vérité, ma prière, mes sacrifices, ma vie et ma mort sont pour Dieu, le Seigneur des Mondes”. (al-Tirmidhi, 262)

La compréhension déformée de la destinée

Les gens nourrissent diverses conceptions erronées du destin, surtout sur la mort, sur son issue fatale. Des expressions insensées comme "on peut vaincre son destin” ou "on peut changer son destin” reviennent souvent dans le langage des hommes. Prenant leurs espérances et leurs suppositions pour le destin, certaines personnes stupides et ignorantes pensent que c'est leur destin qui change quand les évènements de leur vie prennent une tournure imprévue. Ils supposent donc qu'ils ont eu une attitude ou un acte inappropriés comme s'ils avaient lu leur destin auparavant et que les événements n'ont pas suivi le cours qu'ils avaient lu. Un tel raisonnement déviant et contradictoire est sûrement le produit d'un esprit étroit privé d'une compréhension adéquate de la notion de destinée.
Le destin est la création parfaite des événements orchestrée par Dieu, pour passé, l'avenir et durant l'éternité. En effet, Dieu a créé les concepts de temps et d'espace à partir de rien, et Il en tient le contrôle sans jamais être soumis à leurs lois. Les événements vécus dans le passé ou ceux qui vont l'être dans le futur sont, étape par étape, planifiés et créés par la volonté de Dieu.
Dieu a créé le temps, c'est pour cela qu'Il n'est pas soumis à sa loi. Par conséquent, il n'est pas possible que Lui, Créateur des événements, les suive de la même manière que Ses créatures. Dans ce contexte, il n'est nécessaire de rappeler que Dieu n'attend pas pour voir la fin des événements! Sa vision est infinie: le début et la fin d'un événement Lui sont aussi évidents et clairs l'un que l'autre. De même, Il n'a aucun doute sur la place qu'occupe cet événement dans l'éternité. Toute chose a lieu et prend fin! Cela ressemble aux séquences d'images sur une bobine de film; de même que l'agencement des images sur la bande ne peut influencer le cours des péripéties du film ni les changer, les êtres humains qui jouent des rôles individuels au cours de leur passage sur terre ne peuvent fléchir le cours des événements déjà enregistrés sur la bobine-destin. Les êtres humains n'ont aucune influence sur le destin. Au contraire, c'est le destin qui est un facteur déterminant dans la vie des humains. L'homme, un composant essentiel du destin, n'est ni séparé ni indépendant du destin. Il ne peut certainement pas changer le destin, il est même incapable de dépasser les limites du destin. Pour mieux illustrer nos propos, nous faisons le parallèle entre l'homme et l'acteur d'un film. L'acteur ne peut échapper à son rôle dans le film, acquérir une existence indépendante et commencer à changer le cours des événements, par exemple en effaçant les scènes qui ne lui conviennent pas ou en ajoutant  de nouvelles. Une telle attitude serait sûrement irrationnelle.
Par conséquent, les notions telles que vaincre le destin ou détourner le cours des événements ne sont que pur sophisme. Celui Qui déclare: "J'ai vaincu mon destin” est tout simplement en train de se tromper lui-même – cela fait d'ailleurs partie de son destin de se tromper.
Une personne peut sombrer dans le coma pendant plusieurs jours. Ses chances de vivre peuvent paraître minimes voire inexistantes. Mais, s'il se réveille, cela ne signifie pas qu'il a vaincu son destin ou que les médecins ont changé son destin. Cela veut simplement indiquer que son heure n'est pas encore arrivée! Sa guérison n'est rien d'autre qu'une étape inéluctable de sa vie. Ce sort est comme ceux de tous les êtres humains, défini par Dieu et bien évident à Sa vision.
… Et aucune âme vivante ne vit plus long temps ou n'a sa durée de vie réduite sans que cela ne soit consigné dans un Livre. Ceci est facile pour Dieu(Sourate al-Fatir: 11)
Entendant une femme croyante prier Dieu pour qu'Il la laisse profiter de ceux qu'elle aime, le Prophète (pbsl) lui dit:
Vous avez demandé à Dieu de prolonger des vies dont la durée est déjà fixée, d'allonger des jours déjà connus et des parts de vie déjà déterminées. Dieu n'avance pas un événement sur son terme et ne le retarde pas au-delà de son terme. (Livre 33, Numéro 6438, Sahih Muslim)
De tels incidents sont les outils par lesquels Dieu montre à l'homme, l'intelligence infinie, la sagesse, la variété et la grâce inhérentes à Sa création et la manière dont Il met l'homme à l'épreuve. Cette diversité ajoute à l'appréciation, l'émerveillement et enfin à la foi des gens. Sur les incroyants, ces signes ont pour effet l'incertitude, l'étonnement et la perversion, et les pousse à avoir une attitude rebelle envers Dieuà cause de leur mentalité déviante . Cependant, être conscient de cette vision insouciante des incroyants, rend les croyants plus reconnaissants à Dieu qui leur permet d'avoir la foi et la sagesse et qui fait qu'ils sont supérieurs aux incroyants.
Selon une autre croyance, la mort d'une personne âgée de 80 ans est vue comme "un destin” alors que la mort d'un bébé, d'un jeune ou d'une personne dans la fleur de l'âge est décrite comme "un événement affligeant”. Pour être capable d'accepter la mort comme un phénomène naturel, ils essayent de lui appliquer des critères établis par les hommes. Ainsi, après une longue et pénible maladie, la mort paraît acceptable tandis que lorsqu'elle survient soudainement après une maladie ou un accident, la mort est vue comme un désastre! C'est pourquoi certains vont à la rencontre de la mort avec un esprit rebelle. Un tel état signifie que l'homme est totalement dépourvu de foi et ne croit pas au destin et par conséquent en Dieu. Ceux qui développent une telle mentalité seront condamnés à vivre constamment dans le reproche et les ennuis. C'est en effet le début du tourment éternel qui résulte du manque de foi.

Croire en la réincarnation

La réincarnation est l'une des croyances les plus répandues. "Se réincarner” signifie qu'au moment de la mort du corps physique, l'âme transmigre ou renaît dans un autre corps, ayant une identité séparée et vivant à une époque et en un lieu différents. Ces dernières années, la réincarnation est devenue un mouvement de perversion attirant de nombreux adeptes parmi les incroyants et ceux qui croient facilement aux superstitions.
En termes techniques, les raisons pour lesquelles cette croyance trouve un écho chez les gens – bien que dépourvue de toute preuve matérielle – s'expliquent par les intérêts cachés dans le subconscient des incroyants. Comme ils n'ont aucune foi dans la vie de l'au-delà, ils ont peur d'être réduits à néant après la mort. Quant à ceux qui ont peu de foi, ils se sentent mal à l'aise car ils craignent d'être envoyés à l'enfer après leur mort. En effet, ils savent ou s'attendent à la probabilité du châtiment de la justice divine, car ils ont désobéi. Pour les premiers comme pour les seconds, renaître après la mort dans un nouveau corps semble une éventualité très attrayante. Ainsi, des cercles restreints qui exploitent cette croyance déviante réussissent à convaincre certaines personnes à croire en cette supercherie en édulcorant un peu leur vision. Le fait que leurs disciples n'exigent pas de preuve tangible et forte de cette croyance encourage les opportunistes de la réincarnation à poursuivre leurs efforts.
Malheureusement, une telle croyance perverse trouve des adeptes même parmi les musulmans, surtout ceux qui sont soucieux de renvoyer une image d'intellectuels libéraux. Par ailleurs, ce qui est plus grave encore, ces gens-là tentent de soutenir leurs opinions en utilisant des versets coraniques. Pour atteindre leur but, ils déforment le sens explicite des versets et fabriquent leur propre interprétation coranique. Notre intention, ici, est de mettre en évidence que cette croyance perverse est complètement étrangère au Coran et à l'Islam et qu'elle contredit les versets qu'elle utilise. Les défenseurs de la réincarnation prétendent que certains versets coraniques corroborent leur vision déviante et en cite les suivants:
Ils diront: "Notre Seigneur, tu nous as fais mourir deux fois, et redonné la vie deux fois: nous reconnaissons donc nos péchés. Y a-t-il un moyen d'en sortir?” (Sourate Gafir: 11)
Se référant à ce verset, les personnes croyant en la réincarnation prétendent que l'homme revit une deuxième fois après sa mort. Au cours de cette deuxième vie, il reprend une forme physique et son âme achève sa perfection. Une fois que cette deuxième vie prend fin, l'homme meurt une deuxième fois et il est alors ressuscité pour vivre dans l'au-delà.
Maintenant, mettons à part tout préjugé et procédons à l'analyse de ce verset:
D'après ce verset, l'être humain fait l'expérience de deux états de vie puis de mort. Dans ce contexte, un troisième état de vie ou de mort est exclu. Étant ainsi, une question vient à l'esprit: quel est l'état ultime de l'homme: mort ou vivant? La réponse à cette question est donnée par le verset suivant:
Comment pouvez-vous renier Dieu alors qu'Il vous a donné la vie, quand vous en étiez privés? Puis Il vous fera mourir; puis Il vous fera revivre et enfin c'est à Lui que vous retournerez. (Sourate al-Baqarah: 28)
Le verset est explicite par lui-même: l'état initial de l'être humain est la mort. Autrement dit, rien que par la nature des éléments à partir desquels il est créé, l'être humain est fait de composants inanimés: l'eau et la glaise… c'est ce que nous dit le verset. Puis Dieu a fait de cet amas inerte, un être vivant, "l'a créé et lui a donné une forme”. C'est là le sens de la première mort dont le Coran parle, la vie est ainsi perçue comme une émergence d'un état d'inertie semblable à la mort. Après une durée déterminée de vie, donc de cette émergence de la mort, la vie se termine et l'être humain meurt. Il retourne une deuxième fois à la terre, et il est réduit à son "état initial” d'inertie. Voilà la seconde transition de la vie à la mort. La deuxième émergence vers la vie est la résurrection des corps qui aura lieu le Jour du Jugement dans l'au-delà. C'est de cela qu'il s'agit et non d'un retour à la vie dans ce monde, ici-bas. Si c'était le cas, le Coran aurait parlé d'une troisième résurrection. Aucun verset ne fait mention de cette troisième résurrection. Ni dans le verset 11 extrait de sourate al-Gafir, ni dans le verset 128 extrait de la sourate al-Baqarah ne se figure une quelconque référence à une possibilité de vie dans ce monde. Au contraire, ces versets révèlent explicitement l'existence d'une seule vie dans ce bas-monde et une seule résurrection dans l'au-delà.
Toutefois, les adeptes de la réincarnation persistent à placer tous leurs espoirs dans ces deux versets.
Il est évident que ces versets, avancés comme preuve de l'existence de réincarnation, réfutent une telle idée déviante. Par ailleurs, il y a plusieurs versets coraniques qui confirment qu'il n'y a qu'une seule vie dans ce monde où l'homme est mis à l'épreuve, et qu'il n'y a pas de retour à cette vie après la mort. Ceci est clair dans le verset suivant:
... Puis, lorsque la mort vient à l'un deux, il dit: "Mon Seigneur! Fais-moi revenir (sur terre), afin que je fasse du bien dans ce que je délaissais.” Non, c'est simplement une parole qu'il dit. Derrière eux, cependant, il y a une barrière, jusqu'au jour où ils seront ressuscités. (Sourate al-Muminune: 99-100)
Le dialogue rapporté par ce verset est clair: après la mort, il n'y a pas de retour possible à la vie dans ce monde. Mais, Dieu attire notre attention sur le fait que les incroyants, désespérés, entretiennent un espoir dérisoire en une deuxième chance de vie dans ce monde. Le Coran ne manque pas de nous rappeler que ces espoirs ne sont que des paroles dites par les incroyants et qui n'ont aucune validité. Il nous rappelle aussi que les gens du paradis n'auront pas à subir une autre mort que "la première”:
Ils ne goûteront pas à la mort sauf leur mort première. Et [Dieu] les protégera du châtiment de la Fournaise, c'est là une grâce de ton Seigneur. Et c'est là l'énorme succès. (Sourate ad-Dukhan: 56-57)
La grande félicité des gens du paradis est décrite dans un autre verset. Elle consiste dans le fait qu'ils ne souffriront la mort qu'une seule foi:
N'est-il pas vrai que nous ne mourrons que de notre première mort et que nous ne serons pas châtiés? (Sourate as-Saffat: 58-59)
Ces versets ne laissent aucune place pour d'autres questions. La conclusion est certaine l'homme ne connaît qu'une seule mort. À ce propos, la question suivante peut être posée: "Bien que les versets suscités parlent de deux morts, pourquoi le verset 58 de la sourate as-Saffat parle d'une seule mort?” La réponse à cette question se trouve dans le verset 56 de la sourate ad-Dukhan: "Ils ne goûteront pas à la mort, sauf leur mort première”. En effet, il y a une seule et seulement une et unique mort que l'homme rencontre consciemment. Il rencontre cette mort et avec tous ses sens il peut la percevoir. C'est la mort que chacun de nous goûtera à la fin de sa vie. L'homme ne peut pas en effets percevoir le premier état de mort car il est dépourvu à ce stade de sens et de conscience.
Face à ces explications définitives et claires fournies par le Coran, soutenir qu'il y a des vies et des morts, puis encore des vies et des transmigrations des âmes d'un corps à un autre, serait vraiment une méconnaissance absolue des versets du Coran.
D'autre part, Si Dieu avait créé un système de vie basé sur la réincarnation, Il aurait alors informé les hommes de ce système dans le Coran, qui est le seul guide des êtres humains vers le vrai chemin de la vérité.
Si c'était le cas, Dieu nous aurait fourni une description détaillée de toutes les phases de la réincarnation. Mais, le Coran qui regorge de références à la vie et à la mort et qui fournit aux croyants bien des détails sur la vie dans l'au-delà, ne fait aucune allusion à la réincarnation, ni ne s'y réfère directement.


Le voile de l'insouciance

L'être humain est intrinsèquement égoïste. Il est extrêmement sensible à toutes les questions relatives à ses intérêts. Ironiquement, il est souvent indifférent à la mort qui devrait être pour lui une affaire d'une importance suprême. Dans le Coran, l'état d'esprit spécifique à "ceux qui ne tiennent pas fermement à leur foi” est défini par Dieu par un mot simple: "l'insouciance” ou "l'imprudence”.
La signification de l'insouciance est la déficience de l'être humain à comprendre les faits comme il se doit, cela étant du à une confusion de sa conscience ou à une absence totale de conscience et par conséquent à l'impossibilité d'émettre des jugements sains et justes et à donner des réponses pertinentes. Un exemple d'insouciance est donné dans le verset suivant:
[L'échéance] du règlement de leur compte approche pour les hommes, alors que dans leur insouciance ils s'en détournent. (Sourate al-Anbiya: 1)
En général, les gens croient fermement qu'une personne atteinte d'une maladie incurable est condamnée à mourir. Encore faut-il avoir présent à l'esprit que ces gens-là, tout comme la personne alitée, vont également mourir. Que leur mort survienne dans un avenir proche ou lointain ne change rien à cette réalité. Très souvent l'insouciance obscurcit cette vérité. Ainsi, en toute vraisemblance, un homme atteint par le virus VIH mourra dans un avenir proche. Mais le fait est aussi qu'il est très probable – sinon sûr – que la personne saine et vigoureuse juste à côté de lui, va mourir un jour aussi! Il se peut que la mort la frappe avant le patient atteint par le VIH. Cela se passera probablement à un moment où elle ne s'y attend pas!
Les membres de la famille pleurent leurs malades sur leurs lits de mort. Mais ils devraient plutôt penser à leur propre sort car ils vont à la rencontre de leur mort aussi, un jour ou l'autre. Puisque cette mort est certaine, leur réaction ne devrait pas varier selon qu'elle arrive tôt ou tard.
Si, face à la mort, le chagrin était la réponse adéquate, chacun  doit alors immédiatement commencer à se lamenter sur sa propre mort et sur celle de ses proches. Or, on doit surmonter le chagrin et s'efforcer à avoir une réflexion profonde sur le sens de la mort.
Pour ce faire, il faut bien connaître les causes de l'insouciance.

Les causes de l'insouciance

Un manque de sagacité: La majorité des individus qui forment la société ne sont pas habitués à réfléchir sur des questions sérieuses. Adoptant l'insouciance comme mode de vie, ils ne se sentent pas concernés par la mort. N'importe quel problème futile qu'ils n'arrivent pas à résoudre, préoccupe leurs esprits de façon constante. Les questions insignifiantes qui congestionnent leurs esprits étroits les empêchent d'avoir une réflexion sérieuse sur les problèmes essentiels. Ainsi, ils passent leurs vies à dériver dans le courant des événements quotidiens. Pendant ce temps-là, quand ils apprennent la mort de leurs proches ou quand il leur arrive de l'évoquer dans leurs conversations, ils tentent de se réconforter en prononçant des phrases vagues ou en évitant le sujet.
La complexité et la vigueur de la vie: La vie s'écoule très vite et elle est souvent attrayante et vigoureuse. En l'absence d'un effort mental exceptionnel, l'homme peut ne probablement pas se rendre compte de l'approche de la mort, qui est appelée à triompher tôt ou tard. En ne croyant pas en Dieu, l'homme est très loin de concepts comme le destin, la confiance en Dieu et la soumission à Sa volonté. Dès qu'il prend conscience de ses besoins matériels, il déploie tous ses efforts à les satisfaire et à s'assurer une vie confortable. Il ne tente même pas d'éviter la mort car il est déjà absorbé par les affaires de ce monde. Il poursuit toujours de nouveaux plans, intérêts et buts. Et un jour, sans préavis et donc sans préparation, cet homme fait face à la réalité de la mort. Alors, il regrette et veut retourner à la vie, mais en vain.
Le leurre de l'augmentation de la population: L'une des causes de l'insouciance est la recrudescence des naissances. La population du monde augmente sans cesse et ne baisse jamais. Une fois entraîné dans la spirale de la vie, l'homme peut – à cause d'idées fausses – croire en des notions attrayantes mais illusoires, comme "les naissances remplacent les morts”, ainsi, l'équilibre de la population est maintenu. Un tel raisonnement rend propice les conditions de l'émergence d'une vision insouciante de la mort. Mais, si pour une raison quelconque, les naissances s'arrêtent dans le monde, nous serons plus attentifs à la mort des uns et des autres et nous verrons le résultat, la réduction de la population du monde. À ce moment-là, l'horreur de la mort commencerait à être ressentie. L'être humain verra ses proches disparaître les uns après les autres et réalisera que cette fin inévitable est aussi la sienne. Il éprouvera les même sentiments que les personnes condamnées à la peine capitale qui attendent dans le couloir de la mort, que chaque jour ils voient une personne ou deux emmenées pour être exécutées. Le nombre des condamnés dans les cellules baisse régulièrement. Les années passent, mais tous les jours, ceux qui sont toujours en vie se couchent avec une angoisse qui leur serre l'estomac et une question fatale: mon tour sera-t-il pour demain? Ils n'arrivent jamais à oublier la mort, pas même une seconde.
Ironiquement, la situation actuelle des hommes n'est pas différente de celles des prisonniers décrits, ci-dessus. Les nouveaux-nés n'affectent en aucune façon le destin de ceux qui doivent mourir. Ce n'est qu'un leurre psychologique. Les habitants de ce monde qui ont vécu 150 années auparavant ne sont plus ici maintenant. Les générations qui les ont suivis ne les ont pas sauvés de la mort. De même, un siècle plus tard, ceux qui peuplent le monde aujourd'hui, disparaîtront, à quelques exceptions près. Tout est dû au fait que ce monde n'est pas une demeure permanente pour l'homme.

Les méthodes de l'aveuglement de soi-même

Parmi les raisons qui font que l'homme oublie la mort et se laisse submerger par l'insouciance, on trouve aussi certains mécanismes de défense employés par les gens pour se tromper eux-mêmes et s'aveugler. Ces mécanismes, dont certains sont mentionnés ci-après, transforment l'homme en une sorte d'autruche qui enfouit sa tête dans le sable pour éviter de faire face aux situations difficiles.
• Remettre la pensée de la mort aux derniers jours de la vie: Les gens semblent considérer comme acquis le fait de vivre jusqu'à soixante ans, voire soixante-dix ans. Cela explique pourquoi les jeunes et les gens entre-deux âges emploient souvent ce mécanisme de défense. En faisant ces calculs, ils remettent à plus tard la réflexion à propos du sujet "triste”, ils y penseront pendant les derniers jours de leur vie. Durant leur jeunesse, ils ne veulent pas occuper leur esprit avec des questions "déprimantes”. Les dernières années de l'existence sont de toute évidence celles où on ne peut profiter au mieux de la vie, donc elles représentent, selon la majorité des hommes, la période propice pour penser à la mort et pour se préparer à la vie future. Cette attitude offre un peu de réconfort car elle donne l'impression de faire quelque chose pour l'au-delà.
Néanmoins, il est évident que faire des plans à long terme et ayant peu de chance d'aboutir est absurde, surtout venant d'une personne qui ne peut garantir son prochain souffle. En effet, chaque jour elle voit d'autres personnes de son âge, ou plus jeunes qu'elle, mourir. Les rubriques nécrologiques occupent bien des pages dans les quotidiens.
Tout au long de la journée les chaînes de télévision nous informent de nouveaux décès. Très souvent, on est témoin de la mort de gens autour de nous. Toutefois, rares sont parmi nous ceux qui pensent que les gens autour de nous seront un jour témoins de notre mort et qu'ils liront peut-être l'annonce de notre décès dans un journal. Même si ces personnes bénéficient d'une longue vie, cela ne changera rien, car leur mentalité est toujours pareille; jusqu'au jour où elle leur fera face, ils continueront de reporter à plus tard leur réflexion à propos de la mort.
• Supposer que l'on ne passera qu'un certain moment en enfer: Cet avis qui prévaut dans la société n'est en fait qu'une superstition. Après tout, ce n'est pas une croyance ayant ses racines dans le Coran. Nulle part dans le Coran, on ne parle de "passer un temps prescrit” dans l'enfer avant d'en sortir en ayant obtenu le pardon. Bien au contraire, dans tous les versets se rapportant au sujet, il est précisé que les croyants seront séparés des incroyants le Jour du Jugement. Et c'est toujours dans le Coran qu'on apprend que les croyants demeureront au paradis pour l'éternité, alors que les incroyants seront jetés en enfer où ils souffriront pour toujours le châtiment:
Et ils ont dit: "Le feu ne nous touchera que pour quelques jours comptés!” Dis: "Auriez-vous pris un engagement avec Dieu – car Dieu ne manque jamais à Son engagement; – non, mais vous dites sur Dieu ce que vous ne savez pas.” Bien au contraire! Ceux qui font le mal et qui se font cerner par leurs péchés, ceux-là sont les gens du feu où ils demeureront éternellement. Et ceux qui croient et pratiquent les bonnes œuvres, ceux-là sont les gens du paradis où ils demeureront éternellement. (Sourate al-Baqarah: 80-82)
Un autre verset souligne le même point:
C'est parce qu'ils disent: "Le feu ne nous touchera que pour un nombre de jours déterminés.” Et leurs mensonges les trompent en religion. (Sourate al-Imran: 24)
L'enfer est un lieu de tourment qui dépasse toute imagination. Par conséquent, même si le séjour en enfer n'est que temporaire, un homme raisonnable ne consentirait jamais à vivre ce tourment. L'enfer est le lieu où les attributs de Dieu tels que "al-Jabbar” (Celui Qui contraint) et "al-Qahhar” (Celui à Qui on se soumet), se révèlent dans toute leur force. Le tourment de l'enfer ne peut être comparé à aucun tourment de ce bas-monde. Une personne qui ne supporte même pas une petite brûlure sur son doigt et qui se targue de pouvoir vivre une telle torture, est simplement faible d'esprit. Par ailleurs, une personne qui ne se sent pas terrifiée par la colère de Dieu, ne peut accorder à Dieu l'estime qui Lui est due.
• Croire que "l'on mérite déjà le paradis”: Il y a aussi un groupe de personnes qui croient être les dignes candidats au paradis. Ils s'engagent dans des actes de bien mineurs, considérés par eux comme des actes de bien absolu, ils évitent aussi de faire du mal. Cela leur suffit pour penser qu'ils sont prêts pour accéder au paradis. Fortement imprégnés par leur superstitions et ressassant des hérésies qu'ils confondent avec la vraie religion, ces gens-là adhèrent à une croyance totalement déconnectée du Coran. Ils se présentent comme de véritables croyants mais le Coran les classifie parmi ceux qui associent à Dieu d'autres divinités.
Donne-leur l'exemple de deux hommes: à l'un d'eux Nous avons assigné deux jardins de vignes que Nous avons entourés de palmiers et Nous avons mis entre les deux jardins des champs cultivés. Les deux jardins produisaient leur récolte sans jamais manquer. Et Nous avons fait jaillir entre eux un ruisseau. Et il y avait des fruits. Il dit alors à son compagnon avec qui il conversait: "Je possède plus de bien que toi, et je suis plus puissant que toi grâce à mon clan.” Il entra dans son jardin coupable envers lui-même [par sa mécréance]; il dit:”Je ne pense pas que ceci puisse jamais périr, et je ne pense pas que l'Heure viendra. Et si on me ramène vers mon Seigneur, je trouverai certes meilleur lieu de retour que ce jardin.” Son compagnon lui dit, tout en conversant avec lui: "Serais-tu incroyant envers Celui Qui t'a créé de terre, puis de sperme et enfin t'a façonné en homme? Quant à moi, c'est Dieu qui est mon Seigneur; et je n'associe personne à mon Seigneur.” (Sourate al-Kahf: 32-38)
En disant "Et si on ne ramène vers mon Seigneur”, le propriétaire du verger exprime son manque de foi ferme en Dieu et en la résurrection dans le monde de l'au-delà, et révèle qu'il est un idolâtre qui nourrit des doutes alors qu'il se réclame comme un croyant supérieur aux autres. De plus, il est convaincu que Dieu le récompensera par le paradis. Ce comportement inférieur et insolent spécifique aux idolâtres est très fréquent parmi les humains.
Ce type de personnes savent très bien qu'elles sont de mauvaise foi, mais quand elles sont questionnées à propos de leur foi, elles essayent de prouver leur innocence. Elles prétendent que l'observance des commandements de la religion n'est pas importante. En outre, elles essayent de décharger leurs consciences en accusant les autres personnes croyantes et pratiquantes d'être immorales et malhonnêtes. Elles tentent de démontrer leur "bonté” en expliquant qu'elles ne font de mal à personne; elles rappellent aussi leur générosité avec les mendiants ou qu'elles ont servi honnêtement le service public pendant des années et que ce sont-là les critères qui définissent les musulmans sincères. Ou bien ces personnes ne savent pas ou elles prétendent ne pas savoir que ce qui fait de l'homme un bon musulman, c'est  sa soumission à Dieu en étant Son serviteur obéissant, et non ses rapports avec les gens.
Dans leur tentative d'appuyer leur vision erronée de la religion sur une logique, ces personnes-là pratiquent un certain sophisme. Ceci est une caractéristique typique de leur manque de sincérité. Pour légitimer leur façon de vivre, elles recherchent refuge dans des slogans comme: "la meilleure forme d'adoration de Dieu est le travail” et "ce qui est important c'est la sincérité du cœur”. Ce qui dans le Coran, consiste à "forger des mensonges contre Dieu” et ce qui est puni par le châtiment du feu éternel. Dans le Coran, Dieu décrit la situation de telles personnes comme suit:

Ils cherchent à tromper Dieu et les croyants; mais ils ne trompent qu'eux-mêmes, et ils ne s'en rendent pas compte. (Sourate al-Baqarah: 9)
• Ne pas croire en une vie après la mort: Parfois, quand les gens pensent à la mort, ils supposent qu'ils disparaîtront pour toujours. Cette idée surprenante fait qu'ils développent un autre type de mécanisme de défense. Ils n'accordent qu'un crédit partiel à l'idée d'une deuxième vie éternelle promise par Dieu. Le fait de parvenir à une telle conclusion éveille un peu d'espoir chez eux. Quand ils réfléchissent aux obligations des croyants envers leur Créateur, ils préfèrent ne pas croire en la vie éternelle. Ils se rassurent en se disant: "Après tout, nous serons réduits au néant, nos corps se décomposeront complètement dans le sol. Il n'y aura pas de vie après la mort”; une telle pensée réprime les craintes et les inquiétudes, comme celles éveillées par le fait de savoir qu'on doit rendre compte de ses actes le Jour du Jugement ou les éventuels tourments de l'enfer. Dans tous ces cas, les personnes concernées mènent leurs vies dans l'insouciance jusqu'à la fin de leurs jours.

Les conséquences de l'insouciance

Dans les chapitres précédents, nous avons mis l'accent sur le fait que tout au long de sa vie, l'attention de l'être humain est inévitablement attirée sur la mort. Ces rappels faits à l'attention de l'homme sont parfois bénéfiques, car ils l'incitent à réexaminer ses priorités et à réévaluer sa vision de la vie en général. Mais, parfois les mécanismes de défense mentionnés ci-dessus prennent le pas, et chaque jour qui passe, le voile de l'insouciance jeté sur certains yeux, devient plus épais.
Si les incroyants attendent la mort tranquillement en ayant un sentiment irrationnel de sérénité – même quand ils savent que leur dernier jour approche – c'est parce qu'ils sont complètement enveloppés dans leur voile d'insouciance. En effet, pour eux la mort est synonyme de repos, de sommeil ferme, de tranquillité et de calme et un soulagement éternel.
Contrairement à ce qu'ils croient, Dieu, Celui Qui les a créés du néant, qui les fera mourir et qui les ressuscitera le Jour du Jugement, leur a promis un éternel regret et chagrin. Eux aussi, ils feront face à cette vérité au moment de leur mort, au moment où ils supposaient aller vers le grand sommeil. Ils réaliseront que la mort n'est pas la disparition totale, mais le début d'un nouveau monde plein d'angoisse. L'apparition terrifiante des anges de la mort est le premier signe de ce grand tourment.
Qu'adviendra-t-il d'eux quand les anges les achèveront, frappant leurs faces et leurs dos? (Sourate Muhammad: 27)
À ce moment-là, l'arrogance, l'insolence des incroyants se transforment en terreur, regrets, désespoir et chagrin éternel. Dans le Coran, cet état est décrit ainsi:
Et ils disent: "Quand nous serons perdus dans la terre [sous forme de poussière], redeviendrons-nous une création nouvelle?” En outre, ils ne croient pas en la rencontre avec leur Seigneur. Dis: "L'ange de la mort qui est chargé de vous, vous fera mourir. Ensuite, vous serez ramenés vers votre Seigneur.” Si tu voyais alors les criminels [comparaître], têtes basses devant leur Seigneur!”Notre Seigneur, Nous avons vu et entendu, renvoie-nous donc afin que nous puissions faire du bien; nous croyons (maintenant) avec certitude.” (Sourate as-Sajda: 10-12)

On n'échappe pas à la mort

La mort, surtout quand on est jeune, nous vient rarement à l'esprit. Considérant la mort comme la fin, l'être humain évite d'y penser. Mais, tout comme la fuite physique devant la mort ne permet de lui échapper, il en est de même de la fuite par la pensée. En outre, il est impossible d'ignorer la mort. Chaque jour, les journaux font état de plusieurs décès, on croise fréquemment sur son chemin des cortèges funèbres, on passe devant des cimetières, on perd des amis et des membres de la famille. Les funérailles de nos proches ou les condoléances qu'on présente à ceux qui ont perdu des proches nous rappellent la mort. En étant témoin de la mort d'un être cher ou simplement d'une autre personne, on ne peut s'empêcher de penser à sa propre mort. Une telle pensée peut perturber profondément la personne concernée et la rendre agitée.
Qu'importe la force de caractère de la personne, qu'importe le lieu où elle se réfugie ou le moyen par lequel elle se protège, elle peut rencontrer sa mort à n'importe quel moment. Elle n'a pas le choix. Devant elle, il n'y a pas d'échappatoire. Le compte à rebours ne s'arrête jamais, même pour un petit instant. Quelle que soit la direction vers laquelle l'homme se tourne, la mort l'attend. Le cercle l'entoure de façon constante et finit toujours par se rassurer.
Dis: "La mort que vous fuyez va certes vous rencontrer. Ensuite vous serez ramenés à Celui Qui connaît parfaitement le monde invisible et le monde visible et qui vous informera alors de ce que vous faisiez.” (Sourate al-Jumua: 8)
Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables… (Sourate an-Nisa: 78)
Pour ces raisons-là, nous devons arrêter de tricher avec nous-mêmes ou de jouer les indifférents, et nous efforcer de gagner la satisfaction de Dieu durant cette durée de vie qu'Il nous accorde. Dont Lui Seul connaît le terme.
Notre prophète Mohammed (pbsl) nous a dit que l'un des moyens de se prémunir contre le durcissement du cœur et d'atteindre la piété est de se rappeler souvent de la mort.
Abd Dieu Ibn Umar rapporte que le Messager de Dieu (pbsl) a dit: "Vos cœurs deviennent rouillés comme le fer touché par l'eau.” On lui demanda comment les nettoyer. Il répondit: "En se rappelant souvent de la mort et en récitant souvent le Coran.”(al-Tirmidhi, 673)

La Mort Effective Et Ce Qu'il Faut Faire Face à La Mort

La mort de l'âme (la mort effective)

Avez-vous jamais pensé à la façon dont vous allez mourir? À quoi ressemblera la mort et que se passera-t-il au moment de mourir?
Jusqu'à présent, on n'a jamais entendu parler une personne morte qui serait revenue à la vie pour partager avec nous ses impressions à propos de la mort.
La situation étant ainsi, il est techniquement impossible de collecter des informations concernant la mort, qui permettraient de savoir ce qu'on ressent au moment de mourir.
Dieu, Celui Qui offre la vie à l'homme puis la reprend à l'échéance fixée, nous informe dans le Coran de la façon dont la mort frappe les hommes. Ainsi, nous pouvons apprendre du Coran comment la mort survient et ce que vit une personne agonisante.
La mort, telle que le Coran la décrit est très différente de la "mort clinique” que les spécialistes observent de l'extérieur.
Tout d'abord, quelques versets nous familiarisent avec les événements tels qu'ils sont vécus par la personne mourante elle-même, lesquels ne peuvent jamais être perçus par d'autres. Ceci est reporté dans la sourate al-Waqi'a:
Lorsque le souffle de la vie remonte à la gorge (d'un moribond), et qu'à ce moment-là vous regardez, et que Nous sommes plus proche de lui que vous [qui l'entourez] mais vous ne [le] voyez point. (Sourate al-Waqi'a: 83-85)
Contrairement à la mort de incroyants, la mort des croyants est bienheureuse.
Les anges viennent réclamer l'âme du juste, en disant: "… Paix sur vous! Entrez au paradis, pour ce que vous faisiez.” (Sourate an-Nahl: 32)
Ces versets nous dévoilent un fait très important et invariable à propos de la mort: ce que la personne agonisante perçoit et vit et ce que les gens autour d'elle observent sont deux expériences complètement différentes. Par exemple, pour un homme qui se conduit toute sa vie comme un incroyant inébranlable, ses proches peuvent avoir l'impression qu'il a "une mort paisible” au moment où il agonise. Mais, son âme, dans une dimension totalement différente, connaît une mort très pénible. Au contraire, l'âme d'un croyant agonisant, qui paraît souffrir, quitte son corps "dans un état de pureté et de sérénité”.
Bref, "la mort clinique du corps” et la "mort de l'âme” dont parle le Coran sont deux événements totalement distincts.
Étant inconscient de cette vérité dont le Coran nous parle, les incroyants, croyant que la mort est un sommeil éternel et paisible, cherchent aussi à faire du moment de la mort un moment sans souffrance. Les conséquences de cette conception erronée sont perceptibles, de toute évidence, chez ceux qui décident de se suicider en avalant des comprimés, en inhalant des gaz ou choisissent toute autre forme de mort qu'ils croient sans souffrance.
Comme nous l'avons déjà expliqué, la mort pour les incroyants est un vrai tourment alors que pour les croyants, elle est une félicité.
Le Coran nous donne une description détaillée des souffrances des incroyants quand leurs âmes sont recueillies par les anges de la mort, car ces derniers les traitent avec dureté:
Qu'adviendra-t-il d'eux quand les anges les achèveront, frappant leurs faces et leurs dos? Cela parce qu'ils ont suivi ce qui courrouce Dieu, et qu'ils ont de la répulsion pour [ce qui attire] Son agrément. Il a donc rendu vaines leurs œuvres.(Sourate Muhammad: 27-28)
Dans le Coran, Dieu parle aussi "des affres de la mort” qui sont en fait le résultat de l'annonce faite au mort par les anges des tourments qui lui sont réservés:
... Si tu voyais les injustes lorsqu'ils seront dans les affres de la mort, et que les anges leur tendront les mains (disant): "Laissez sortir vos âmes. Aujourd'hui vous allez être récompensés par le châtiment de l'humiliation pour ce que vous disiez sur Dieu d'autre que la vérité et parce que vous vous détourniez orgueilleusement des Ses enseignements.” (Sourate al-Anam: 93) 
Si tu voyais, lorsque les anges arrachaient les âmes aux incroyants ! Ils les frappaient sur leurs visages et leurs derrières, (en disant): "Goûtez au châtiment du feu. Cela (le châtiment), pour ce que vos mains ont accompli.” Et Dieu n'est point injuste envers les esclaves. (Sourate al-Anfal: 50-51)
Ces versets sont clairs, l'agonie de l’incroyant  est un moment de tourment. Alors que les gens autour de lui pensent assister à une mort paisible, l'agonisant vit un tourment spirituel et physique très douloureux. Les anges de la mort viennent prendre son âme en lui infligeant souffrance et humiliation. Dans le Coran, le détachement de l'âme de l’incroyant  est décrit comme un arrachement brutal:
Par ceux qui arrachent violemment! (Sourate an-Naziate: 1)
La phase finale du recueillement de l'âme est décrite ainsi:
Mais non! Quand [l'âme] en arrive aux clavicules et qu'on dit: "Qui est exorciseur?” et qu'il [l'agonisant] est convaincu que c'est la séparation (la mort)… (Sourate al-Qiyamah: 26-28)
À ce moment-là, l’incroyant fait face à la vérité qu'il a fuie toute sa vie! Avec la mort, il commence à souffrir des conséquences de son grand péché: la dénégation de la vérité. Les anges qui "fouettent le dos” ou qui "arrachent brutalement” l'âme, ne sont pour l’incroyant que l'avant-goût de l'éternel châtiment qui l'attend.
Au contraire, la mort du croyant est le début d'une vie de félicité. À l'opposé de l'âme de l’incroyant , celle du croyant est "tirée gentiment de son corps” (Sourate an-Naziat: 2) par les anges qui lui disent: ”... Paix sur vous! Entrez au paradis, pour ce que vous faisiez” (Sourate an-Nahl: 32). La mort du croyant ressemble à un état de doux sommeil. En effet, pendant notre sommeil ordinaire, notre âme glisse dans une autre dimension, comme nous le dit le verset suivant:
Dieu reçoit les âmes au moment de leur mort ainsi que celles qui ne meurent pas au cours de leur sommeil. Il retient celles à qui Il a décrété la mort, tandis qu'Il renvoie les autres jusqu'à un terme fixé. (Sourate az-Zumar: 42)
Ceci est la vérité ultime concernant la mort. De l'extérieur, les gens ne perçoivent que la mort clinique: un corps qui perd progressivement ses fonctions biologiques. Ceux qui assistent à l'agonie d'une personne, ne peuvent percevoir ni sa face ni son dos fouettés par les anges. Mais, cela ne veut pas dire que le mort lui-même n'a pas fait l'expérience de la mort et n'a pas goûté à ses affres, tout cela dans une dimension étrangère à ceux qui entourent son lit de mort. Autrement dit, l'expérience de la mort est l'expérience du "changement de dimension”.
Résumons les faits révélés dans les versets: pour le croyant comme pour l’incroyant, la mort est fixée par Dieu à un terme précis, qui ne peut être ni avancé ni retardé, fut-ce d'une heure. Quel que soit le lieu où se trouve un être humain, la mort l'atteindra le jour où son terme est échu. Quant à l'expérience de la mort en tant que telle, elle est vécue distinctement par chaque individu, même si de l'extérieur on ne peut se rendre compte de cette différence.

La mort du croyant

Étant conscient du caractère inévitable de la mort, le croyant se prépare à sa rencontre tout au long de sa vie et jusqu'au moment de son heure.
Les anges de la mort le saluent et lui annoncent la bonne nouvelle de son entrée au paradis.
Les anges recueillent son âme avec douceur.
Le croyant ressent le besoin de communiquer la bonne nouvelle à d'autres croyants encore vivants et de leur dire que la promesse de Dieu est vraie et qu'ils n'ont rien à craindre. Mais, il lui est interdit de faire cela.

La mort de l’incroyant

Il fait face à la mort qu'il a fuie tout au long de sa vie.
Il souffre des affres de la mort durant son agonie.
Les anges arrachent son âme en lui annonçant la triste nouvelle du châtiment dégradant qu'il va subir dans l'enfer éternel.
Les anges de la mort lui fouettent le visage et le dos.
Son âme est arrachée dans la douleur.
Son âme est arrachée quand elle arrive à la gorge, et personne ne peut rien pour le mort.
L'âme est arrachée dans la souffrance alors que la personne continue à nier la vérité.
Au moment de la mort, aucune confession de foi ni manifestation de repentir n'est acceptée.
Il y a aussi des leçons à tirer de la mort du corps que tout le monde peut constater. La façon dont la mort clinique réduit l'être humain à l'état de cadavre inerte et insignifiant, permet aux vivants de découvrir plusieurs vérités importantes, d'où la nécessité de parler de la "mort clinique” et de la tombe.

La mort du corps (vue de l'extérieur)

Au moment de la mort, comme l'âme quitte la dimension où l'être humain vit, le corps devient inerte, sans vie. Comme pour les êtres vivants qui changent de peau, l'âme laisse derrière elle son enveloppe charnelle pour commencer sa vraie vie.
Mais, l'histoire de cette "enveloppe” qui demeure dans ce bas-monde est importante, surtout pour ceux qui attachent au corps plus d'importance qu'il ne le mérite… 
Avez-vous jamais pensé en détail à ce qui arrive à cette enveloppe quand on meurt?
Un jour vous allez mourir, peut-être d'une façon que vous n'avez jamais envisagée. En allant à l'épicerie pour acheter du pain, une voiture vous heurte. Ou une maladie mortelle vous frappe et met fin à votre vie. Ou tout simplement, votre cœur s'arrête de battre sans raison apparente.
Alors, vous commencerez à goûter la mort.
Dorénavant, vous n'aurez plus de relation avec votre corps, en aucune façon. Ce corps que vous supposiez être votre "vous-même” durant toute votre vie, n'est plus qu'un amas de chair. Après votre mort, votre corps ou cadavre sera porté par d'autres personnes. Il y aura de nombreuses personnes autour de votre corps qui pleureront et qui  feront votre deuil. Après cela votre corps sera envoyé à la morgue où il passera la nuit. Le lendemain, les rites funéraires commenceront. Le cadavre inerte, devenu rigide sera lavé à l'eau froide. Les traces de la mort disparaîtront et certaines parties de votre corps se reteindront de rose.
Suite à cela, le corps sera enveloppé dans un linceul et mis dans un cercueil, le corbillard sera prêt pour transporter le cercueil. En allant vers le cimetière, les personnes accompagnant le cortège s'apercevront que la vie se déroule comme d'habitude dans les rues. En voyant le cortège funèbre passer, quelques personnes s'arrêteront pour montrer leur respect, mais la majorité suivront leur chemin et vaqueront à leurs taches quotidiennes. Au cimetière, le cercueil sera porté par ceux qui vous aimaient ou ceux qui donneront l'apparence de vous avoir aimé. De toute évidence, il y aura encore des personnes qui se lamenteront et qui pleureront à ce moment-là. Puis, on arrivera à la destination finale, là où il n'y a aucune échappatoire: la tombe. Votre nom sera inscrit sur la stèle de marbre…Votre cadavre sera sorti du cercueil et déposé dans la fosse. Des prières seront faites pour vous. À la fin, des hommes munis de pelles commenceront à recouvrir votre cadavre avec de la terre. La terre s'infiltrera dans le linceul, elle remplira votre bouche, votre gorge, vos yeux et votre nez. Petit à petit, le linceul disparaîtra sous la terre. Très vite, les funérailles prendront fin et les personnes présentes se disperseront une à une. Une fois tout le monde parti, le cimetière retrouvera son silence habituel. Ceux qui ont accompagné votre cercueil reprendront leur rythme de vie habituel, et pour votre cadavre inhumé, la vie n'aura plus aucun sens. Une belle maison, une personne charmante, un paysage féerique, tout cela n'aura plus de sens pour vous. Votre cadavre ne rencontrera plus jamais un ami. La seule certitude pour votre cadavre sera la terre, les vers et les bactéries qui peuplent le sol.
Avez vous jamais pensé à l'état auquel sera réduit votre cadavre après la mort?
Avec l'inhumation, votre cadavre subira un processus de dégradation, provoqué par des facteurs internes et externes.
Peu après que votre cadavre est placé dans la tombe, les bactéries et les insectes qui se trouvent déjà dans le corps et prolifèrent en l'absence d'oxygène, commenceront leur œuvre. Les gaz libérés par ces organismes gonfleront le cadavre, en commençant par l'abdomen, altérant ainsi sa forme et son apparence. De l'écume sanguinolente sortira de la bouche sous la pression des gaz poussant le diaphragme. À fur et à mesure que la pourriture avance les poils et les cheveux, les ongles, les plantes des pieds et les paumes des mains partiront en lambeaux. En même temps que cette altération externe, les organes internes comme les poumons, le cœur, le foie dépériront aussi. Pendant ce temps-là, la scène la plus horrible aura lieu au niveau de l'abdomen, la peau ne pourra plus supporter la pression des gaz et elle éclatera soudainement, laissant échapper une odeur dégoûtante. À commencer par le crâne, les muscles se détacheront de leur place, la peau et les tissus délicats se désintègreront. Le cerveau se desséchera et ressemblera à de l'argile. Ce processus continuera jusqu'à ce que le cadavre soit  réduit à l'état de squelette.
Ce corps, que vous pensez être l'essence de vous-même, disparaîtra d'une manière terrible et dégoûtante. Alors que ceux que vous avez laissés derrière vous s'occuperont des rituels des funérailles, les insectes, les vers et les bactéries du sol se chargeront réduire à néant votre dépouille.
Si vous mourrez accidentellement et que vous ne n'êtes pas enterré, les conséquences sont encore plus tragiques, votre    cadavre sera rongé par les vers, comme un vulgaire morceau de viande laissé dans une pièce à une température ambiante pendant  longtemps, et ce jusqu'au moment où les vers mangeront le dernier lambeau de chair et ne laisseront que le    squelette.
C'est le chemin de tout un chacun; l'être humain, créé dans "la meilleure des formes”, va vers la fin la plus horrible.
Pourquoi?
C'est sûrement par la volonté de Dieu que le corps cesse d'exister de cette manière dramatique. Ce fait communique un message implicite très important. La fin terrible qui attend l'être humain devrait lui rappeler que son être n'est pas   un corps, un physique, mais une âme "enveloppée” dans ce corps. Autrement dit, l'homme doit reconnaître qu'il a une existence au-delà de son corps. La fin si choquante de l'homme, porte en elle plusieurs leçons et est destinée à lui faire comprendre qu'il n'est pas seulement "chair et os".
L'être humain doit reconsidérer ce corps auquel il attache tant d'importance, au regard de l'éternité et de cette existence temporaire, pour bien méditer sa fin, la mort. En effet, ce corps périra dans le sol, deviendra la proie des vers et sera réduit à l'état de squelette.